Quelles sont les activités d’une esthéticienne ? Elle réalise des soins du visage et du corps, des épilations, des soins des mains et des pieds et des maquillages. Autour de la cabine, elle accueille la clientèle, conseille et vend des produits de soin, entretient le matériel selon un protocole d’hygiène strict et participe à la gestion de l’institut.
Quelles sont les activités d’une esthéticienne au quotidien ?
Réduire le métier d’esthéticienne aux soins serait trompeur : une journée en institut mélange cinq familles de tâches. La fiche officielle du CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie associe déjà les techniques de soin, le conseil à la clientèle et la vente.
Les cinq blocs d’une semaine ordinaire :
- les soins esthétiques : visage, corps, épilation, mains et pieds, maquillage ;
- l’accueil : téléphone, prise de rendez-vous, questions avant un premier soin ;
- le conseil et la vente de produits adaptés à la routine de chaque cliente ;
- l’hygiène de la cabine, du linge et des instruments ;
- la gestion courante : stock, encaissement, planning.
La part de chaque bloc varie selon l’établissement. Dans un petit institut tenu par une seule professionnelle, la même personne passe sans arrêt de la cire à la caisse. Dans un spa d’hôtel, une équipe d’accueil prend souvent en charge les rendez-vous, et les missions de l’esthéticienne se concentrent sur la cabine.
Les soins en cabine, cœur du métier
Visage et corps : observer avant d’agir
Un soin du visage commence par un diagnostic de peau : observation sous la lampe loupe, questions sur la routine, les réactions passées, les produits utilisés à la maison. Viennent ensuite le démaquillage, le nettoyage, le gommage, le masque et le modelage, ajustés à ce que la professionnelle a observé. Sur les soins du visage, la précision fait tout. La pression des doigts, le rythme du modelage et le choix des textures changent d’une cliente à l’autre.
Côté corps, modelages, gommages et enveloppements relèvent du confort et de la détente. Le Code de l’artisanat, à son article L121-1, soumet d’ailleurs ces gestes à une qualification professionnelle : il vise les soins esthétiques non médicaux et les « modelages esthétiques de confort sans finalité médicale ». Le panorama des soins esthétiques proposés en institut détaille chacune de ces prestations.
Épilation, mains et pieds
L’épilation remplit une bonne part du planning de nombreux instituts. Cire chaude, cire tiède, pince, parfois fil : chaque technique demande de lire la peau et le sens de pousse du poil. La professionnelle teste la température de la cire, travaille par petites zones et termine par une lotion post-épilatoire.
La beauté des mains et des pieds complète la carte : limage, travail des cuticules, gommage, modelage, puis vernis classique ou semi-permanent. Ce soin reste esthétique : un ongle incarné ou une callosité douloureuse relèvent d’un pédicure-podologue.
Maquillage et mise en beauté du regard
Maquillage de jour, de soirée ou de mariée, cours d’automaquillage, teinture des cils et des sourcils, restructuration des sourcils, rehaussement de cils : le regard tient une place à part dans les cartes de soins. Ces prestations demandent un œil sûr pour les proportions et une bonne connaissance des carnations.

Accueil, conseil et vente : le travail hors cabine
Le premier contact se joue au téléphone ou sur l’agenda en ligne. L’esthéticienne précise la durée du soin et la préparation éventuelle, comme des poils assez longs pour la cire, puis réserve le créneau. Au premier rendez-vous, une fiche cliente recense les sensibilités connues, les soins déjà reçus et les contre-indications signalées. Cette fiche guide toutes les visites suivantes.
Le soin se prolonge par le conseil en institut. Après un soin du visage, la professionnelle explique quels gestes reproduire chez vous, à quel rythme et avec quelle texture. La vente de produits découle de ce conseil : elle figure parmi les activités visées par le CAP et prend plus de poids avec le brevet professionnel, dont la fiche RNCP39291 cite les postes d’animatrice des ventes et de conseillère en image.
L’esthéticienne ne pose aucun diagnostic médical : devant une rougeur qui persiste, une plaque ou une démangeaison, elle oriente vers un médecin ou un dermatologue plutôt que de proposer un produit. Pour la clientèle masculine, le dossier consacré aux soins esthétiques pour hommes détaille les attentes propres à ces clients.
Hygiène, stock et caisse : les coulisses de l’institut
Un protocole d’hygiène entre chaque cliente
Entre deux rendez-vous, la cabine repart de zéro selon une routine précise :
- linge de table et serviettes remplacés, papier de protection renouvelé ;
- table, têtière, chariot et poignées nettoyés puis désinfectés ;
- instruments métalliques lavés, désinfectés, puis stérilisés quand le protocole le prévoit ;
- spatules jetées après chaque passage, jamais replongées dans le pot de cire ;
- limes et consommables à usage unique changés ;
- mains lavées avant et après chaque prestation.
Le dossier sur le prix d’une cabine de soins esthétiques passe en revue les matériaux faciles à désinfecter et l’entretien de l’équipement.
Stock, caisse et planning
La gestion courante revient en bonne partie à l’esthéticienne, surtout dans les petites structures. Réception des commandes, rangement de la réserve, inventaire, encaissement, clôture de caisse, suivi des forfaits : ces tâches s’intercalent entre deux soins ou se font à la fermeture. Le brevet professionnel prépare justement à « la gestion technique, administrative et financière d’une entreprise », selon sa fiche RNCP.
Le planning, lui, suppose de connaître la durée réelle de chaque geste pour enchaîner les soins sans retard.

Ce que l’esthéticienne ne fait pas
Les actes réservés aux médecins
L’acte médical marque la limite du travail d’une esthéticienne. L’arrêté du 6 janvier 1962, qui fixe la liste des actes que seuls les médecins peuvent pratiquer, y range par exemple « toute abrasion instrumentale des téguments à l’aide d’un matériel susceptible de provoquer l’effusion du sang ». Plus largement, tout geste à visée thérapeutique relève d’un professionnel de santé. Le terrain de l’esthéticienne reste l’embellissement et le confort.
Épilation au laser et à la lumière pulsée
Longtemps discuté, ce point est désormais encadré par le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024. L’article D1151-2 du Code de la santé publique limite l’épilation au laser ou à la lumière pulsée à visée non thérapeutique à trois profils : les médecins, les infirmiers diplômés d’État et les personnes qualifiées professionnellement pour les soins esthétiques au sens du Code de l’artisanat.
Une formation obligatoire s’ajoute au diplôme. D’après l’arrêté du 19 février 2025, elle dure quatre jours pour le laser seul, deux jours et demi pour la lumière pulsée seule et cinq jours, dont une journée d’évaluation, pour les deux techniques. Une journée de remise à niveau suit tous les cinq ans. L’article D1151-3 impose aussi d’afficher les attestations en cours de validité de manière lisible pour la clientèle : avant une séance, vous pouvez donc demander à les voir.
Une journée type, de l’ouverture à la fermeture
D’un institut à l’autre, la journée d’une esthéticienne suit rarement un modèle figé, mais un même fil revient :
- Ouverture : aération, chauffe-cire allumé, cabines vérifiées, planning relu.
- Premiers rendez-vous : épilations courtes et soins express, qui s’enchaînent vite.
- Milieu de matinée : un soin du visage ou un modelage long, plus calme.
- Pause déjeuner, souvent décalée au gré des retards et des annulations.
- Après-midi : beauté des mains et des pieds, maquillage, nouvelles clientes.
- Fin de journée : créneaux prisés par les personnes qui travaillent.
- Fermeture : désinfection complète, lessive, réassort, caisse, préparation du lendemain.
Ce rythme a un coût physique : les professionnelles qui durent règlent la hauteur de leur table et alternent les prestations pour ménager leurs poignets.

Lieux d’exercice, diplômes et salaire
Institut, spa, domicile ou à son compte
Les fiches des diplômes d’esthétique publiées par France Compétences citent un éventail large de structures :
- instituts de beauté et centres esthétiques spécialisés ;
- parfumeries ;
- salons de coiffure dotés d’un espace esthétique ;
- spas, centres de thalassothérapie et établissements touristiques ;
- centres de rééducation et maisons de convalescence ;
- prestations à domicile.
Exercer comme esthéticienne à domicile suppose de transporter table pliante, linge et instruments, et d’appliquer chez chaque cliente les mêmes règles d’hygiène qu’en cabine. Le guide des soins esthétiques à domicile décrit l’organisation de cette activité. S’installer à son compte ajoute la gestion complète d’une entreprise : l’article L121-1 du Code de l’artisanat exige que l’activité soit exercée par une personne qualifiée professionnellement, ou sous le contrôle constant et réel d’une telle personne. Ce point se règle avant toute ouverture, en même temps que les étapes clés pour ouvrir un salon de beauté.
Du CAP au BTS : quatre diplômes repères
Parmi les certifications du Répertoire national des certifications professionnelles, tenu par France Compétences, quatre diplômes nationaux balisent la filière :
- le CAP Esthétique Cosmétique Parfumerie (RNCP39030), de niveau 3 ;
- le bac professionnel Esthétique Cosmétique Parfumerie (RNCP36331), de niveau 4 ;
- le brevet professionnel Esthétique Cosmétique Parfumerie (RNCP39291), de niveau 4, tourné vers l’encadrement et la gestion ;
- le BTS Métiers de l’esthétique, de la cosmétique et de la parfumerie (RNCP37375), de niveau 5, avec trois options : management, formation-marques, cosmétologie.
Pour entrer en cabine, le CAP esthétique reste la voie la plus directe, aussi accessible par l’apprentissage, la formation continue ou la validation des acquis de l’expérience. Le BP et le BTS mènent ensuite vers la direction d’institut, la formation ou les laboratoires.
Salaire et contraintes : des repères sans fard
Le salaire d’une esthéticienne salariée suit la grille de la convention collective nationale de l’esthétique-cosmétique et de l’enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l’esthétique et de la parfumerie (IDCC 3032), qui fixe des minima selon le niveau du poste. Des commissions sur la vente de produits ou de forfaits s’y ajoutent parfois, selon l’établissement. À son compte, le revenu dépend du remplissage du planning et des charges.
Prochaine étape : si le métier vous attire, passez une journée en observation dans un institut avant de choisir votre formation. En quelques heures, vous mesurerez la part réelle des soins, de l’accueil et du ménage.



